Être Féminine sans détruire la Planète : Mission Impossible ?

C’est la question que je me pose depuis déjà des années… Changer nos habitudes de vie et de consommations n’est pas une démarche facile, car elles sont souvent ancrées en nous depuis bien longtemps. J’y travaille et il existe des moments où tout va bien, je m’informe, je mets en place de nouvelles habitudes alors que d’autres jours, c’est une catastrophe ou bien j’ai de petits ou gros craquages…

Je pense que se sentir féminine est essentiel, mais aujourd’hui, au regard des nombreuses études, des médias, et d’une prise de conscience toujours plus présente sur l’avenir de notre planète, tout n’est plus si évident. Comment faire pour ne pas culpabiliser à chaque achat ? Comment faire les bons choix ? Je vous partage dans cet article mes réflexions et certaines solutions que j’ai pu mettre en place au fil des années. Alors, être féminine sans détruire la planète, est-ce possible ?

Être féminine… c’est quoi en vrai ? Constat

Ce que l’on veut nous faire croire…

Si je me réfère à l’image de la femme que l’on souhaite nous faire partager dans notre société :

  • Être féminine passe par son style vestimentaire : une femme se doit d’être tendance ! Donc elle fait du shopping et sa garde de robe évolue au cours des saisons…
  • Pour être féminine, nous devons bannir de notre vocabulaire le mot « praticité » ! À nous les talons, les pantalons moulants, les soutiens-gorges, les collants sous une robe, le sac à main (hyper lourd) sur l’épaule… Alors, au bout de 2 heures, on ne peut plus mettre un pied devant l’autre, notre collant est descendu (voir filé !) et je ne vous parle pas de l’état de notre l’épaule…
  • Être une femme, c’est ne pas avoir froid. La recherche d’une robe pour la saison froide ou d’un pull chaud et sympa se révèle être un vrai parcours du combattant…
  • Et bien sûr, nous devons sentir bon, être maquillé, coiffé et au top dans toutes les circonstances.

…. dans la vraie vie

Tout à chacune sa vision de la féminité, car il en existe autant d’expression que de femmes. De mon côté, je pense qu’être féminine — je préfère dire se sentir féminine — reste un état d’esprit. Malgré tout, je me sens davantage femme lorsque je suis (un peu) maquillée, coiffée, parfumée et vêtue d’une petite robe. Et je me refuse encore de sortir sans être, ni maquillée, ni un minimum apprêtée… Raisonnablement, je pense que je me fourvoie et je suis la première à trouver de nombreuses femmes très belles, ultras féminines et solaires sans tous ces artifices… mais ces idées sont ancrées en moi depuis toute petite ! Ahhhh la première fois que ma maman m’a laissé mettre du rouge à lèvres ! Quelle fierté ! Mais pourquoi donc ? Point de psychologie ici, passons à l’essentiel !

Je vous invite à lire ce superbe article : Stéréotype de la femme parfaite : un vrai fléau !

Dans les faits… ce n’est pas si glamour

Côté cosmétiques : belle de l’extérieure…

Eh oui, l’industrie cosmétique nous propose tellement de produits : le shampoing, l’après-shampoing, le masque adoucissant, le masque détoxifiant, la crème de jour, de nuit, le masque, le démaquillant, l’après-démaquillant… Que notre salle de bain déborde de dizaines de cosmétiques pour l’ensemble de notre corps. Mais à l’heure où l’on se questionne sur les effets des molécules présentes sur notre body, les bienfaits et surtout la nécessité de ces produits sont remis en cause.

Huiles minérales et dérivés pétrochimiques, silicones et polymères, conservateurs, la liste des ingrédients toxiques est (trop) longue. Par ailleurs, 60 % des cosmétiques contiendraient des substances soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens*. Ces molécules agissent dans notre organisme comme des hormones — ainsi elles perturbent le métabolisme : fertilité, croissance, vie cellulaire, cancer : rien que ça !

Ce n’est pas tout, en plus d’impacter notre santé, les effets sur l’environnement sont délétères : le plastique utilisé pour le conditionnement, le transport, les substances chimiques qui partent dans l’eau et les polluent durablement, ainsi que les végétaux et animaux aquatiques.

Pour l’habillement : sous les projecteurs des vitrines

Il ne se passe pas un mois, sans que l’on puisse lire qu’une grande marque de mode fait fabriquer ses vêtements par des femmes et des enfants dans des conditions atroces. Dénoncer ces faits et mettre au grand jour ces horribles pratiques permettent de nous faire prendre conscience de notre impact sur la vie d’autres humains et de faire évoluer les pratiques de l’industrie de l’habillement, je l’espère !

À cela s’ajoute le coût en ressources naturelles pour fabriquer nos habits. 10 000 litres d’eau sont nécessaires pour fabriquer un jean en coton et presque le double pour un tee-shirt composé de la même matière première. L’eau est indispensable dans le cycle de fabrication de nombreux vêtements, mais si elle est prélevée dans une région dans laquelle l’eau se fait rare, l’impact devient beaucoup plus important que dans une région naturellement irriguée. Inutile de préciser que le choix de l’implantation ne se fait pas par rapport à ce critère… mais plutôt sur le coût des travailleurs. De plus, la culture de coton nécessite une quantité importante de pesticides…

Bref, le fast-fashion fait mal aux humains, à notre planète, à la vie… et pourquoi au final ?

Des solutions pour rester féminine ? Mes pistes de réflexion…

Le constat est posé, mais alors comment faire pour être féminine sans détruire la planète ?

Mon compromis maquillage

Le maquillage, je n’arrive pour le moment pas à m’en passer, car il est, pour moi, synonyme de féminité. J’ai allégé ma trousse de maquillage qui débordait avec les différents mascaras, les nombreux crayons, les multiples fards à paupières et à joues. J’ai opté pour des produits uniques et passe-partout : un mascara noir, un crayon noir et un bleu, une poudre libre pour les joues et les yeux et un petit fond de teint. Et c’est tout. J’ai découvert la marque Boho Green Make-Up, je la teste pour la poudre libre et le crayon et j’en suis ravie ! En plus, le conditionnement est réalisé avec des matières produites de façon écoresponsable… Bye bye le suremballage et les contenants tout plastiques. Lorsque mes autres produits seront finis, notamment le mascara, je filerai m’approvisionner chez eux.

Pour aller plus loin : Faire le ménage dans les produits cosmétiques : mode d’emploi ! 
5 sages étapes pour passer aux cosmétiques naturels

Soin visage et corps

La star de ma salle de bain : l’huile végétale.

Côté démaquillant : huile de jojoba ou de sésame… les possibilités sont nombreuses selon le type de peau. Le démaquillage se fait en douceur sans irriter la peau et les yeux. Les molécules de gras de l’huile solubilisent en un clin d’œil les molécules des produits cosmétiques. Honnêtement, j’avais été réellement surprise de l’efficacité d’une huile par rapport au démaquillant traditionnel. Tester, c’est l’adopter à coup sûr !

J’utilise également l’huile végétale d’abricot (ou avocat l’hiver) pour hydrater mon visage — je ne mets plus de crème de jour ou de crème de nuit… Enfin, lorsque je sens que des petits boutons commencent à faire une apparition j’opte pour le masque à l’argile verte. Rapide, pratique et ultra-efficace ! Et si la bête est installée, je lui fais un traitement spécial : une grosse couche d’argile 2 fois par jour ! Non, mais !

L’huile végétale me permet aussi d’hydrater mon corps et si je souhaite faire un masque hydratant pour mes cheveux, je peux aussi l’utiliser… bref de l’huile et de l’argile et c’est tout.

A lire pour aller plus loin  : Cosmétiques maison faciles : 7 recettes pour débutants

Les cheveux !

Il y a quelques années avec ma longue crinière, j’en étais arrivée à un shampoing tous les deux jours voir tous les jours l’été… l’horreur ! Je voyais mes bouteilles de shampoing et après-shampoing se vider à vue d’œil et j’ai alors commencé à me questionner. Pourquoi mes cheveux regraissent de plus en plus vite alors même que je leur choisis un shampoing anti cheveux gras ? En plus du coup, les pointes sont sèches… donc ils ont besoin d’un masque nourrissant ! Un cercle sans fin, dans lequel on s’arrache vite les cheveux. S’ensuit une longue série de tests : le shampoing aux œufs maison + du vinaigre : pas mal… mais pour les cheveux longs : ce n’est pas vraiment facile. J’ai aussi testé le shampoing sec : fécule de maïs pour espacer les shampoings, efficace pour gagner une journée le temps de détoxifier les cheveux et les habituer à leur nouvelle vie !

À l’heure actuelle, j’opte pour les shampoings solides, pratiques et moins coûteux pour l’environnement. Ces derniers, plutôt onéreux à l’achat environ 10 €, durent tout de même assez longtemps. Je dois en utiliser 2 à 3 par an uniquement et bonus : je me lave les cheveux moins fréquemment : 2 shampoings par semaine grand max !

Un shampoing en bouteille, c’est un énoooorme pourcentage d’eau, du plastique et des ingrédients souvent bof… Le shampoing solide n’a pas d’emballage et même si ce n’est pas encore le top au niveau composition, ils restent, je trouve, un bon compromis.

C’est pour cette raison également que j’ai banni les gels douche de ma salle de bain : vive le savon ! Et s’il est fait maison par saponification à froid, c’est encore mieux… mais ça, c’est une autre histoire.

Dans mon armoire

J’ai encore beaucoup trop de vêtements… Je n’arrive pas complètement à éradiquer le shopping de mes habitudes. Et c’est un point que j’aimerais travailler dans les prochaines années !

Aujourd’hui, je me tourne vers des marques proposant des vêtements plus durables, fabriqués dans de bonnes conditions, dans des matières respectueuses de l’environnement ou provenant d’une filière de recyclage. Même si je dois payer un peu plus cher, attendre les soldes ou participer à une campagne de financement, c’est ma façon de dire non au fast-fashion. Mon dernier achat, un lot de sous-vêtements lors d’une campagne de crowdfunding : « Madame porte la culotte ». Des culottes en coton bio, fabriquées au Portugal et dessinées en France.

J’aime aussi opter pour les vêtements qui ont plusieurs utilités : grosse écharpe, gilet, robe : Ekyog avait lancé le concept en 2011 avec sa série Métamorphose. Je l’ai toujours dans mon armoire, en laine bio toute douce, et même après des utilisations intensives, des lavages… il n’a pas bougé ! Un bijou 🙂

A lire pour aller plus loin : Réaliser son nettoyage de printemps avec la méthode KonMary !

Mon fil conducteur : moins, mais mieux

J’ai décidé d’avoir moins de choix : moins de maquillages et de cosmétiques dans ma salle de bain et moins de vêtements dans mon armoire. On nous a habitués à avoir d’immenses possibilités, il suffit de se rendre dans le rayon pâtes — ou tout autre rayon d’un supermarché (mais j’adoooore trop les pâtes) — pour s’en rendre compte : une centaine de références par produits… Mais comment en est-on arrivé là ? Et comment se passer de cette habitude ?

Mais je choisis mieux : fini les achats sur un coup de tête. Bon, j’avoue, si j’ai un réel coup de cœur, je me laisse une à deux semaines : si j’y pense encore, je me fais plaisir. Et si je n’y pense plus, mon choix est fait. Je me renseigne sur les marques, prend le temps de visiter leurs sites web et j’essaie, autant que possible, d’opter pour des produits qui peuvent avoir plusieurs utilités et peuvent se porter sur toutes les saisons. Une chemise un peu épaisse que j’utilise en chemise l’hiver et en petite veste pour les soirées fraîches de l’été par exemple.

Zéro impact sur l’environnement ? J’en suis encore très loin et je sais que mes habitudes sont encore largement perfectibles… Mais je suis fière de ces petits changements mis en place et je suis convaincue que l’on peut rester féminine sans détruire la planète ! J’espère vous avoir fait prendre conscience que des solutions existent pour toutes. Suivre son chemin de femme, d’écouter, de s’informer, de prendre conscience et d’agir au quotidien sont de grands pas en avant pour se sentir féminine sans détruire la planète !

Et vous, quelles petites habitudes de femmes avez-vous changées dernièrement ?

A lire pour aller plus loin : Toute une année zéro déchet — livre signé Chloé Métahri

Source : *Slow cosmétique Le guide visuel (Julien Kaibeck et Mélanie Dupuis)

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