Comment être bienveillant (ou le devenir) ?

On entend beaucoup parler de la bienveillance… Ces dernières années, ce terme est utilisé dans tous les domaines. Dans le développement personnel, dans l’éducation, dans la relation au corps, dans la relation à l’autre, au travail. Mais qu’est-ce que c’est exactement qu’être bienveillant ? Certains prônent cette valeur envers et contre tout, au point d’en faire un non-sens (mais si, quand on vous met un commentaire sous un post en vous disant « oui enfin c’est pas hyper bienveillant ce que tu as fait »… est-ce vraiment représentatif dudit état d’esprit ?). D’autres l’assimilent au laxisme. Moi qui suis curieuse, j’ai eu envie de creuser. Allez, je vous emmène avec moi !

Qu’est-ce que la bienveillance ?

Définition

On commence avec l’inévitable définition ! Promis, ça ne va pas durer longtemps.

Chez Larousse, on trouve « Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui “.

La bienveillance est donc liée à l’empathie, la compréhension et la tolérance envers l’autre. Il s’agit d’une disposition d’esprit, donc d’un choix de chaque individu. On choisit de se positionner, d’être bienveillant — ou pas. La bienveillance, à l’heure actuelle dans notre société, n’est pas innée. Elle implique différents aspects qui, pour être assimilés et appliqués au quotidien, nécessitent de la pratique. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai une bonne marge de progression. Mais j’y travaille !

De plus, de récentes études appuient l’intérêt de la bienveillance en groupe, au travail notamment. Un individu qui sait avoir un soutien sans faille dans son entreprise n’en sera que plus sécurisé, et sera donc plus créatif.

Les comportements positifs

Être bienveillant, c’est avoir un certain savoir-être. Cela repose sur 8 comportements positifs :

  • La présence
  • La disponibilité
  • L’écoute
  • L’attention
  • L’acceptation
  • L’ouverture
  • L’encouragement
  • Le soutien

La présence et la disponibilité créent une attitude positive, d’écoute active. Être à l’écoute des autres est une vraie qualité, qui permet de lier des relations durables. Être présent à son voisin lorsqu’il est à nos côtés, savoir accueillir ce qu’il a à dire, le conseiller s’il le demande. Et lui signifier que, s’il a besoin, on est là.

Lorsqu’on souhaite se positionner de manière bienveillante, il faut aussi savoir accepter que les opinions puissent diverger. Nous sommes tous influencés par de nombreux intervenants extérieurs, qui nous ont permis de bâtir ce que nous sommes : l’éducation, la société, notre histoire personnelle, nos rencontres… C’est ce qui fait la richesse de l’humanité. Sachons être ouverts à l’autre et accepter son point de vue, même s’il est différent du nôtre.

Dans les moments où le moral est au plus bas, une formule d’encouragement ou de soutien est extrêmement réconfortante. N’hésitons pas, si un membre de notre entourage n’a pas la forme, à lui prodiguer une parole gentille. Faisons-la avec le cœur, simplement. Il n’est pas forcément utile de savoir ce qui le mine. Peut-être n’aura-t-il pas envie d’en parler. Soyons là pour lui, sans attendre quelque chose en retour.

Un mot sur l’éducation bienveillante

Je sais bien qu’on est ici pour partager sur le bien-être au féminin, mais je ne peux pas aborder la bienveillance sans dire un mot sur sa place dans l’éducation. Si vous avez des enfants (ou si vous travaillez dans ce milieu), vous avez certainement entendu parler de la fameuse éducation bienveillante.

Elle s’appuie sur les neurosciences, qui prouvent aujourd’hui qu’une attitude bienveillante est bien plus constructive pour l’enfant que l’approche traditionnelle. Oui oui, comme au travail ! On reste de grands enfants, après tout.

Il s’agit de le considérer comme une personne à part entière, avec des besoins, des émotions. Le rôle de l’adulte : l’accompagner pour lui apprendre à vivre en société, intégrer les codes, certains savoirs. Ses besoins ont autant d’importance que ceux des parents.

Ce dernier cherche à le comprendre et à trouver des solutions gagnant-gagnant, plutôt que de rentrer dans le rapport de force. L’objectif est de créer une véritable relation de confiance. On aide l’enfant à apprendre dans la compréhension, et non en utilisant le système récompense/punition.

Être bienveillant, c’est aussi accepter ce chérubin tel qu’il est, sans chercher à le faire correspondre à la figure parfaite qu’on se représente. C’est lâcher ses attentes pour le respecter et le guider selon son propre rythme et ses propres besoins.

Être bienveillant envers soi-même

Pour être bienveillant envers les autres, il faut aussi parvenir à l’être envers soi-même. Le risque, si on n’est pas bienveillant envers soi-même, c’est de fausser l’aide que l’on souhaite apporter aux autres. On leur prodiguera des conseils en fonction de notre réalité, de nos propres difficultés, en mettant peut-être à l’écart certains aspects essentiels de leur problématique.

De plus, une grande part de nos souffrances sont liées à ce manque de bienveillance envers nous-mêmes. Nous nous jugeons, pointons nos défauts du doigt… Alors que nous sommes humains ! Nous avons, nous aussi, le droit à l’erreur, le droit de changer d’avis, le droit de ne plus avoir envie… Entre l’image de la norme et le fait de vouloir être parfait (mais est-ce bien nécessaire ?), la pression sur nos épaules est forte. Et il n’est pas évident de répondre à notre juge intérieur, implacable et dur !

L’apprentissage de la bienveillance peut demander du temps. Une des difficultés rencontrées est d’accepter de s’accorder le temps de l’intégrer… Parce que ça se travaille ! Il nous faut accepter que les petites phrases, les remarques soient toujours là. Eh oui… on aura toujours cette petite voix désagréable dans notre tête. Toutefois, la bienveillance intervient dans ce qu’on fait du traitement de ces informations. Soit, on choisit de l’écouter et de la croire, soit on fait un pas de côté. On cherche quel besoin n’est pas satisfait et comment y répondre. On approfondit pour donner un véritable sens à ces remarques. Elles sont là, non pour nous faire du mal, mais pour nous signaler un besoin à assouvir. Un peu comme les émotions, en somme.

Quelques outils et exercices pour pratiquer la bienveillance

La communication non violente

La communication non violente peut aider à exprimer ses besoins, dans le respect de soi et de l’autre. Elle permet d’apprendre à énoncer des faits, sans jugements (et croyez-moi, on ne se rend même pas compte qu’on émet un jugement tellement on est habitué à notre mode de fonctionnement). Puis d’expliquer clairement ce dont on a besoin. Donc, à être bienveillant dans ses paroles, envers les autres comme envers nous-mêmes.

Marshall Rosenberg, à l’origine de la CNV, distinguait 2 modes de communication : le mode chacal et le mode girafe. Le chacal a tendance à critiquer, étiqueter, exiger, juger, menacer. La girafe va prendre plus de hauteur et rester factuelle, sans reporter sa responsabilité sur l’autre. Cette thématique mériterait à elle seule un article, donc je vais m’arrêter ici pour aujourd’hui ! Je vous laisse découvrir par vous-même un extrait d’une conférence de Marshall Rosenberg :

Petit exercice d’écriture

Quand vous vous rendez compte que vous vous jugez sévèrement, arrêtez-vous et prenez un moment pour écrire. Faites sortir tout ce que vous avez sur le cœur, les pensées, les jugements. Ne réfléchissez pas. Puis, relisez-vous et répondez en dessous, comme s’il s’agissait de réconforter une amie.

Exercice de pensée positive

Chaque jour, prenez un moment pour vous dire des choses positives, que vous aimeriez entendre. Prodiguez-les à vous-même !

Carnet de fierté

À l’instar du carnet de gratitude, il existe le carnet de fierté. Chaque jour, notez dans votre carnet ce qui vous a rendue fière de vous.

Portez attention aux injonctions

Lorsque vous émettez une injonction, faites le point sur celle-ci. ‘Il faut que’, ‘je dois’… Est-ce que cela ne représente pas plutôt une attente sociétale, plus qu’un de vos besoins fondamentaux ?

Quelques lectures pratiques

Je vous recommande les 2 livrets sur lesquels je travaille. Je les trouve très bien faits !

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